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Un mercredi de ce mars...
On était venu voir Buck 65 à Glasgow dans une espèce de sous-sol de maison dans le « quartier Ouest de la ville ». Une première partie emmerdante nous avait poussée à commander au comptoir deux bières et deux sachets de cacahuètes, please. « One roasted, one salted » et déjà la poésie commençait ...
Alors un type en espèce de costard noir, bien habillé donc, entre en scène très humblement, prépare ses petites affaires. « C'est Buck ou bien ? ». Une fois son attirail en place, CR s'approche du micro et sort un harmonica. Alors là, on sent venir le truc fait et refait qu'on entend à tous les coins de rues: « Encore un mec qui va nous faire du beat-box dans un harmonica ... Tu veux des cahuètes ?..' ». Mais c'était bien naïf de croire que le canadien nous ferait ça à la monsieur Toutlemonde.
Au-delà de son excellente maîtrise des côtés techniques du beat-box, de l'harmonica, du piano, qu'il mélange souvent à lui tout seul, CR Avery travaille surtout dans la poésie. Tout repose sur le texte, et la narration de ce texte. C'est un vrai poète et conteur; c'est un troubadour. Il théâtralise énormément ses morceaux à en faire souffrir la musique, à en casser le rythme. Ce fut un concert de hip-hop où personne ne bouge: non pas parce que c'était mauvais, mais parce que l'artiste commence un beat, y ajoute quelques notes de piano, et une fois qu'on est dedans, son beat se transforme en une espèce de chaos, de dégringolade d'objets et tout est brisé.
Il conte, il dit ses textes. A noter, une longue version de son texte mis en musique « birdcage » (à écouter sur Myspace) qu'il balança seul - beat-box, voix et parfois piano - captivant le public pendant 10 ou 15 minutes juste avant la fin du concert.
Certains morceaux cependant un peu emmerdants nous auraient presque fait croire qu'Elton John avait réquisitionné le piano et que le british au lunettes mythiques s'était mis au beat-box. Alors quoi? Musique neuneu ou bien son si avant-gardiste qu'il se joue du démodé encore trop frais? ... Mouais ... Je reste sceptique sur ces morceaux-là.
En somme, une découverte excellente, une agréable surprise. A voir en live. De la poésie que certains peut-être appelleraient slam ; non, de la poésie un peu malade et fatiguée avec le hip-hop pour béquille.
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Par renaud_c Publié le 01/04/2008 Autres chroniques de cet auteur |