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Sidney Lumet

12 hommes en colère (1957)

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Après quelques mois de repos mérité pour Tin(ta)m'arts, l'heure est venue de se remettre sérieusement au boulot. Et franchement, quoi de mieux pour une reprise que d'évoquer 12 hommes en colère, chef d'oeuvre absolu du cinéma américain que j'ai eu l'occasion de revoir récemment ? Mais commençons par planter le décor.

Le procès d'un jeune homme accusé d'avoir poignardé son père est sur le point de se clôturer. Défense et partie civile ont exposé leurs arguments et il ne reste désormais plus aux jurés qu'à statuer sur le sort de l'accusé, simple formalité tant les preuves accablent ce dernier. La chaise électrique semble inévitable.

Convaincus de la culpabilité du suspect et pressés de rentrer chez eux, les jurés décident de voter immédiatement. 11 d'entre eux déclarent l'accusé coupable mais, contre toute attente, le juré n°8 (Henry Fonda) déclare avoir des doutes sur sa culpabilité et vote non-coupable. Commence alors un long exercice d'argumentation visant à faire douter les autres membres du jury et acquitter le jeune homme.

12 hommes en colère est un huis-clos magistral. Pendant, 95 minutes, le spectateur est enfermé avec les jurés et ressent jusqu'à la chaleur étouffante de la pièce sans s'ennuyer un instant. Il décortique un à un les éléments de l'enquête, témoignage après témoignage, pièce à conviction après pièce à conviction sans jamais pouvoir se prononcer de façon certaine sur la culpabilité ou l'innocence de l'accusé : "Je ne sais pas s'il est innocent ou coupable, je dis juste que c'est possible".

Profondément engagé, 12 hommes en colère n'est pas seulement un plaidoyer contre la peine de mort et le système pénal américain, c'est aussi un dur constat sur la nature humaine. La conclusion de Lumet : mieux vaut avoir le jour de son procès un juré n°8 qui, contrairement aux 11/12 de la population, est civiquement impliqué et capable de mettre de côté ses préjugés.

Cerise indispensable sur le gâteau, le jeu des acteurs est très réussi et apporte aux personnages crédibilité et épaisseur. Fonda est excellent dans le rôle de l'homme calme, réfléchi, déterminé à exposer ses idées et à ne pas se laisser marcher sur les pieds. Cobb n'a rien à lui envier dans celui de l'homme colérique faisant du procès une affaire personnelle.

Un film à voir (et à revoir).


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Par Martin

Publié le 12/08/2009

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