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Lorsque Leo Handler (Mark Wahlberg) sort de prison, il a pour unique souhait de laisser derrière lui son douloureux passé et de prendre un nouveau départ. Il voit alors en Frank Olchin (James Caan), le nouveau mari de sa tante et patron de l’Electric Rail Corporation, l’occasion de retrouver un travail honnête aux côtés de son ami de toujours, Willie (Joaquin Phoenix).
Pourtant, Leo déchante rapidement lorsque qu’il découvre le fonctionnement réel de la société de son oncle. Chantage, corruption… Toutes les méthodes sont bonnes pour déstabiliser les concurrents et prendre le contrôle du juteux marché du métro New-Yorkais.
Tout dérape, lorsque, lors d’un acte de sabotage, Willie tue un gardien de nuit et Leo blesse un policier. Leo est alors rapidement identifié comme étant le coupable de ces deux crimes et, à nouveau fugitif, il tente alors de trouver de l’aide au sein de sa famille pour laquelle il est devenu une menace…
James Gray s’essaie, pour son deuxième film, à un thème maintes fois traité au cinéma : celui de la famille mafieuse. Pourtant, s’il reste fidèle aux classiques du genre (on pense souvent au Parrain de Coppola), il adopte ici un point de vue original en s’intéressant davantage à la psychologie des personnages et aux liens familiaux qui, s’ils semblent très forts au début du film, vont finalement se révéler être pour le moins fragiles.
La plupart des règlements de compte et autres fusillades sanglantes ont par conséquent été délaissés (il y en a tout de même quelques uns, mafia oblige !) au profit de huis clos nous plongeant au plus profond de l’intimité familiale et faisant la part belle aux dialogues.
Ce choix , s’il peut à priori sembler décevant voire ennuyeux, se révèle finalement très intéressant dans la mesure où il nous offre une place de choix pour assister à la dégradation progressive des relations et à l’escalade de la tension… On a parfois l’impression d’être un membre à part entière de la famille (et j’exagère à peine…).
L’immersion est renforcée par l’excellent travail effectué sur les images (notamment sur les scènes d’intérieur) dont le rendu allie obscurité et couleurs chaudes, accentuant ainsi le sentiment de proximité du spectateur (Gray a d’ailleurs avoué s’être inspiré de Georges De La Tour, peintre du XVIIème siècle et maître du clair-obscur, pour parvenir à ce résultat. La ressemblance est parfois saisissante).
Enfin, Gray est parvenu à réunir un casting exceptionnel rassemblant ancienne et nouvelle générations. Mark Wahlberg, Charlize Theron et Joaquin Phoenix retrouvent ainsi James Caan et Faye Dunaway. Souvent amenés à chuchoter leur texte par soucis de proximité là encore, ils sont excellents de sobriété et contribuent fortement au fonctionnement de l’aspect tragique du film.
En traitant une nouvelle fois le thème de la mafia, The Yards risquait de souffrir de la comparaison avec les chefs d’œuvre des Coppola et autres Scorsese. Pourtant, en s’intéressant davantage à la psychologie et aux liens entre ses personnages, Gray apporte un nouveau point de vue et renouvelle le genre. Si l’on ajoute à cela le très bon travail réalisé sur les images et l’excellence des acteurs, on peut sans conteste classer The Yards parmi les essentiels du film mafieux.
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Par Martin Publié le 01/08/2008 Autres chroniques de cet auteur |