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Armistead Maupin

Chroniques de San Francisco T7 (2008)

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Michael Tolliver est vivant. C’était censé être une bonne nouvelle.

Finalement, peut-être aurait-il mieux fait d’y passer.

Nous avions laissé Michael au début des années 1980, séropositif, amoureux du beau Thack. On l’abandonnait, mourant.

On quittait en même temps tous les habitants du 28, Barbary Lane, avec lesquels on avait fait un bon bout de chemin, puisque Amistead Maupin, l’auteur, avait déclaré achevées les fameuses Chroniques de San Francisco.

Les Chroniques, c’était un souffle, une addiction. Un peu comme les meilleures séries américaines, un imbroglio d'anecdotes et d'aventurettes. Un style littéraire loin d’être exceptionnel, des stéréotypes à toutes les pages, une communauté à laquelle on avait du mal à croire mais dans laquelle on se jetait littéralement.

Cette addiction naissait des pérégrinations d’une tribu de personnalités qui partageaient un même toit, le 28, Barbary lane. Autour de la maîtresse du lieu, Mme Madrigal, des jeunes gens, hétéros ou homos, un peu les deux parfois, babas ou bourges, se rencontraient, s'aimaient, s'embarquaient dans des histoires pas possibles.

Bref, ça m’avait semblait dur, moi, de les quitter si brusquement. Mais compte tenu du succès, je reconnaissais à Maupin un certain courage : oser finir, oser achever, mettre un point final, tuer la poule aux œufs d’or, ça se respecte.

Mais le courage n’aura été que temporaire.

Il y a ce dernier volume.

On y découvre donc que Mike a survécu. Et c’est sans doute le seul pilier des chronique à avoir encore un semblant d’existence, car du clan du 28, Barbary Lane, il ne reste plus rien : Mary-Ann a quasiment coupé les ponts avec tout le monde, Mona est morte, Brian a élevé sa fille seule, Anna Madrigal a déménagé pour un petit appartement.

Reste donc Michael Tolliver.

Désormais quinquagénaire, il est heureux, il a rencontré l’amour, s’est même marié avec Ben, un gamin de 20 ans son cadet.

Le problème c’est que les vies des gens heureux font rarement de bonnes histoires. Pour ce qui concerne Mike, son bonheur l’a littéralement rendu niais : A longueur de pages, il ne cesse de s'extasier, sur le fait qu'un mec de 33 ans peut trouver un mec de 55 ans sexy. Un constat fort réjouissant, mais qui ne suffit pas à tenir en haleine les lecteurs.

Maupin essaie bien de créer une intrigue autour de la mort de la mère biologique de Mike, et du vieillissement inexorable de Mme Madrigal. Mais il passe à côté de ce qui aurait pu être une bonne idée : on attend la mort de cette chère logeuse tout au long du livre, on espère des retrouvailles entre les personnages, des règlements de compte, bref, une fin digne de ce nom aux Chroniques. Mais non.

Les retrouvailles ont bien lieu, mais les personnages n’ont plus rien à se dire. Ils n’existent plus. Quand à Mme Madrigal, Maupin n’a même pas le courage de la tuer.

Une vraie trahison que cet opus donc : aucune scène savoureuse, aucun humour, aucune causticité, aucune justesse, aucun charme, et plus aucune empathie possible envers les personnages.

Un raté.

Un conseil donc, lisez absolument les 6 premiers tomes, et arrêtez vous absolument là.


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Par la_cigogne

Publié le 27/07/2008

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